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La Route du Rhum 2018 vue par
Pierrick Tollemer - Trimaran Resadia

Anthony LEMARCHANT - 13/11/2018

Notre équipe est allée à la rencontre de Pierrick Tollemer, skipper du Trimaran Resadia sur la Route du Rhum 2018. Cette rencontre lors du village départ à Saint-Malo nous a permis de rentrer dans les coulisses de cet événement sportif à la saveur si particulière. Les péripéties de sa course en 2014, les risques à contourner en pleine mer mais aussi sa gestion du sommeil : Pierrick nous dit tout !

PIERRICK, TU AS DÉJÀ VÉCU UNE ROUTE DU RHUM IL Y A 4 ANS. QUEL SOUVENIR EN GARDES-TU ?

L’édition 2014 avait déjà été un challenge très impliquant et passionnant. Il faut savoir que la Route du Rhum est un projet sportif qui a de multiples facettes, avec un volet presque entrepreneurial puisqu’il faut fédérer différents acteurs, aller chercher un budget, créer une dynamique avec des partenaires, anticiper les risques, gérer les échéances tout au long de la préparation etc. C’est une vraie aventure humaine qui m’a procuré énormément d’émotions et m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi-même.

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QUE TIRES-TU DE CETTE EXPÉRIENCE JUSTEMENT ?

En 2014, j’étais beaucoup sur la défensive et en réaction par rapport à des éléments que je ne maîtrisais pas toujours. Je manquais clairement d’expérience et de repères, j’avais peu de recul par rapport à ce que je faisais et ce que je vivais. J’ai d’ailleurs vécu de nombreuses péripéties, j’ai dû m’arrêter plusieurs fois, j’ai eu des casses etc. J’étais certainement trop dans le présent, dans l’immédiat. Aujourd’hui, j’appréhende différemment cette course car j’ai une meilleure connaissance du contexte et de l’environnement. J’ai envie de me servir positivement de cette expérience, c’est donc tout naturellement que j’ai reconduit ce challenge en 2018.

EN QUOI LA ROUTE DU RHUM EST-ELLE SI PARTICULIÈRE ?

Sûrement parce qu’elle est difficile (rires). Théoriquement, aller de Saint-Malo à Pointe-à-Pitre n’est pas forcément un exploit, ça peut être très paisible dans les périodes calmes. Ce qui rend la traversée compliquée, c’est clairement la période de l’année à laquelle elle est faite. En novembre, il faut bien comprendre que les conditions sont bien plus complexes. La Route du Rhum, c’est aussi une course en solitaire, donc ça a forcément une saveur particulière. C’est un paramètre clé à prendre en compte car il implique d’agir sur tous les fronts. Et puis la course en elle-même n’est pas évidente car dans une même catégorie, les bateaux n’ont pas vraiment les mêmes chances au départ. Les poids, les matériaux ne sont pas les mêmes, il est donc très difficile de comparer les bateaux entre eux. Je préfère me concentrer sur ma course, et les autres participants feront la leur.

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QUELS SONT LES DANGERS À ÉVITER PENDANT LA COURSE ?

Le premier danger est certainement la météo, les dépressions, la tempête, les creux en pleine mer etc. Même si paradoxalement, ce n’est pas tellement pendant la tempête que l’on a peur. Sur l’instant, il n’y a pas de place pour la peur, on est happé par l’action, la réaction. Ce n’est qu’après le coup de vent qu’on prend conscience du danger et qu’on réalise qu’il y aurait pu avoir de la casse ou passer par-dessus bord. Ensuite, il y a aussi le trafic maritime à surveiller. Près des côtes, il y a tous les bateaux de pêche et les bateaux de plaisance, il faut rester vigilant. En s’éloignant des côtes on ne croise plus ces bateaux, mais on peut croiser des cargos. Heureusement, ils sont équipés d’un appareil qui sonne quand on s’en approche. Il y a aussi des déchets à éviter, même si tous ne sont pas dangereux pour le bateau, comme les petits sacs plastiques par exemple. On craint surtout les morceaux de bois, les palettes ou les containers laissés en mer. Ils peuvent abîmer la coque et donc impacter la course, mais on ne peut pas faire grand-chose à part croire en sa bonne étoile. Enfin, il y a aussi un risque avec les baleines, mais on ne peut que se réjouir de les croiser !

IL FAUT DONC UNE VIGILANCE DE TOUS LES INSTANTS ! COMMENT GÈRES-TU TON SOMMEIL ALORS ?

Pendant la course mon sommeil est rythmé sur des séquences de 15 minutes dans la mesure du possible. Dormir un quart d’heure parait impressionnant dit comme ça, mais le corps s’habitue extrêmement vite, c’est une chance que nous avons. Ce qui est intéressant, c‘est qu’en dormant par tranche de 15 minutes, on élimine toutes les phases transitoires du sommeil et on tombe directement dans le sommeil profond et donc réparateur. Alors je ne le fais pas par pur plaisir ceci dit, ce n’est pas un rythme que j’anticipe avant le départ, je préfère plutôt emmagasiner des heures de sommeil et construire des réserves dans lesquelles je vais aller puiser dès les premières nuits sur le bateau.

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MERCI DE NOUS FAIRE ENTRER AU CŒUR DE TA PRÉPARATION ET DE NOUS PARTAGER TA VISION. QUE PEUT-ON TE SOUHAITER POUR CETTE ÉDITION 2018 ?

Arriver en Guadeloupe sera déjà une belle victoire ! Quoi qu’il arrive ce sera une belle expérience. La vie est un ensemble de choix et de projets, il faut sauter sur chaque occasion pour réaliser de grandes choses. La vie est trop courte…

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